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Le Japon entraîne le monde entier dans sa chute

Le Japon entraîne le monde entier dans sa chute

华尔街见闻华尔街见闻2026/09/10 01:46
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Par:华尔街见闻

Le taux des obligations d'État japonaises a dépassé 3% pour la première fois en 30 ans, déclenchant une alerte mondiale. Selon Nomura, l'épicentre de cette nouvelle hausse mondiale des taux d'intérêt à long terme se situe précisément au Japon, en raison d'une expansion budgétaire incontrôlée et de la perspective d'une hausse des taux directeurs par la banque centrale ; la prime de risque budgétaire est désormais le principal moteur. Ce qui inquiète encore plus les marchés, c'est que la hausse persistante des rendements des obligations japonaises menace non seulement les bilans des institutions financières mondiales, mais pourrait également faire éclater la bulle des actions technologiques liées à l'intelligence artificielle et provoquer un ralentissement économique soudain.

Pour la première fois en 30 ans, le rendement des obligations d'État japonaises franchit la barre des 3 %, et l’Institut de Recherche Nomura avertit que la source principale de la hausse mondiale des taux longs se trouve au Japon, et non à l'extérieur. La combinaison du risque budgétaire japonais et des attentes de normalisation de la politique monétaire se répand via le marché obligataire à l’échelle mondiale, constituant une menace systémique pour les actions technologiques, les investissements dans l’IA et même l’économie réelle.

Le rendement des obligations d'État japonaises (JGB) à 10 ans a temporairement dépassé 3,0 % sur le marché de Tokyo, une première depuis septembre 1996. Selon Trading Floor, Takahide Kiuchi, économiste exécutif à l'Institut de Recherche Nomura, indique dans son dernier rapport que, sur l’année écoulée, le rendement des JGB à 10 ans a augmenté d’environ 1,4 point de pourcentage, alors que la hausse sur la même période pour les Treasuries américains à 10 ans n’a été que la moitié de celle du Japon, montrant ainsi que la progression japonaise est surtout due à des facteurs internes, et non à des transmissions des marchés étrangers.

Takahide Kiuchi estime que, d'un point de vue absolu, le rendement du JGB est au plus haut depuis 30 ans, tandis que le bond des Treasuries américains n’a ramené leur rendement qu’aux niveaux élevés de janvier 2025 ; celui des obligations allemandes à 10 ans est à son maximum depuis 2011, et celui des gilts britanniques depuis 2008. En comparaison, le Japon serait donc le véritable moteur de la hausse mondiale des taux longs, et non un suiveur passif. Parallèlement, l’administration Trump a commencé à s’immiscer de façon rare dans la politique économique nipponne, faisant pression sur la Banque du Japon pour une hausse des taux et incitant le gouvernement de Takamatsu à resserrer ses politiques budgétaires expansionnistes.

Trois facteurs majeurs poussent le rendement des obligations japonaises au-dessus de 3 %

Selon le rapport de l’Institut de Recherche Nomura, le rendement à 10 ans des obligations japonaises flirtait déjà avec la limite des 3 % en août et a finalement franchi ce seuil le 1er septembre en séance, soutenu par trois moteurs principaux.

Premièrement, l’anticipation d’une hausse de taux de la Fed. Les propos du président de la Fed, Kevin Warsh, lors du récent symposium de Jackson Hole ont renforcé l’attente d’une remontée des taux lors du FOMC de septembre, pesant sur les marchés obligataires mondiaux.

Deuxièmement, la perspective d’une hausse des taux par la Banque du Japon. Le marché table massivement sur un relèvement du taux directeur lors du prochain conseil de politique monétaire de septembre, ce qui accentue la pression à la hausse sur les rendements japonais.

Troisièmement, le risque d’expansion budgétaire japonaise s’accroît. Fin août, le total des demandes budgétaires pour l’exercice 2027 de tous les ministères dépassait de quelque 20 000 milliards de yens celui de 2026, intensifiant l’inquiétude des marchés quant à la dégradation de la position budgétaire du Japon.

Le risque budgétaire, principal moteur de la hausse des rendements

L’Institut de Recherche Nomura a procédé à une analyse de la hausse de 1,4 point de pourcentage du rendement des JGB à 10 ans sur la dernière année. Il en ressort que l’augmentation des anticipations d’inflation a contribué pour environ 0,49 point, la variation de la part détenue par la Banque du Japon pour 0,08 point, la hausse du rendement des Treasuries américains à 10 ans également pour 0,08 point, les anticipations de taux réels pour 0,15 point, et les « autres » facteurs — principalement la prime de risque liée à la dégradation budgétaire — pour pas moins de 0,60 point.

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Cela signifie que, parmi tous les facteurs de hausse des rendements japonais, la prime de risque budgétaire constitue de loin la plus grande contribution individuelle, bien devant les anticipations d’inflation ou de politique monétaire.

Takahide Kiuchi souligne que la hausse des taux longs n'est pas toujours "négative" : lorsqu'elle découle d’une amélioration du potentiel de croissance ou des prévisions d’inflation, le taux réel n’augmente pas nécessairement et l’impact sur l’économie reste limité. Mais si la hausse des taux provient surtout du risque budgétaire, le choc produit sur l’activité réelle s’avère nettement plus important, plus insidieux et souvent plus difficile à détecter que celui d’une hausse des taux courts.

Intervention inhabituelle du gouvernement Trump dans la politique économique japonaise

L’administration Trump a commencé à s’immiscer de manière inhabituelle dans la politique économique japonaise. Lors du dernier sommet G20 des ministres des finances et des gouverneurs de banques centrales, la secrétaire américaine au Trésor, Besant, a clairement signifié au ministre japonais Sakutsuki Katayama et au gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, que le Japon devait clarifier sa trajectoire de soutenabilité budgétaire ainsi que ses intentions en matière de relèvement des taux.

Déjà, à la fin juillet, après l’intervention conjointe Japon–États-Unis sur le marché des devises, Besant avait publiquement exprimé ses attentes en matière de relèvement des taux par la Banque du Japon. Selon l’Institut de Recherche Nomura, la logique sous-jacente à cette posture de l’administration Trump est la suivante : la chute prolongée du yen et la baisse du prix des obligations japonaises (hausse des taux) pourraient engendrer des secousses négatives sur les marchés américains et mondiaux, ce qui incite Washington à intervenir plus activement dans la politique économique nippone, en poussant la Banque du Japon à relever ses taux et le gouvernement de Takamatsu à restreindre ses politiques expansionnistes.

Le rapport note que si le gouvernement de Takamatsu devait infléchir graduellement sa posture budgétaire expansionniste, le risque de détérioration budgétaire japonaise serait atténué et la pression sur la hausse du rendement des JGB à 10 ans diminuerait elle aussi.

La hausse des rendements japonais pourrait déclencher une tempête sur les marchés mondiaux et freiner la fièvre AI

L’Institut de Recherche Nomura met en garde : une hausse mondiale des taux longs impulsée par le Japon pourrait avoir des répercussions majeures sur l’économie et la finance mondiales.

Sur le plan macroéconomique, la hausse des taux longs va alourdir la charge des intérêts pour les gouvernements, risquant d’entraîner une « spirale négative dégradation budgétaire — hausse des taux », tout en comprimant la valeur de marché des obligations détenues par les institutions financières, ce qui fragilise leurs bilans. Par ailleurs, la remontée des taux pèse sur le prix des actifs risqués tels que l’immobilier et les actions.

Les valeurs technologiques et celles de l’IA sont particulièrement concernées, car très sensibles à la hausse des taux. Takahide Kiuchi note dans son rapport que si la hausse des taux longs centrée sur le Japon perdure, elle pourrait refroidir la fièvre boursière autour de l’IA. La correction des cours des titres liés à l’intelligence artificielle réduirait la capacité des entreprises du secteur à se financer massivement, aussi bien en fonds propres qu’en dette, freinant l’expansion des investissements matériels dans l’infrastructure AI.

« Cela ne se traduirait pas seulement par un ralentissement progressif de l’activité économique mondiale, mais pourrait provoquer un coup d’arrêt brutal », peut-on lire dans le rapport. L’Institut de Recherche Nomura estime que cela explique en partie pourquoi l’administration Trump a décidé d’intervenir de façon inédite, en exhortant le Japon à s’écarter d’une trajectoire qui risquerait d’affaiblir davantage le yen et d’accélérer la hausse mondiale des taux longs.

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