La BCE pourrait suspendre la hausse des taux d'intérêt la semaine prochaine, les paris du marché sur une hausse des taux sont désormais concentrés sur la réunion de septembre.
Les conflits au Moyen-Orient continuent de perturber le marché de l'énergie, assombrissant à nouveau les perspectives d'inflation et mettant à l'épreuve la trajectoire de la politique de la Banque Centrale Européenne.
La Banque Centrale Européenne annoncera sa décision sur les taux d'intérêt le 23 juillet. Bien que le marché s'attende généralement à ce que cette réunion maintienne le taux directeur à 2,25%, la hausse des prix du pétrole et le regain du risque d'inflation ont nettement intensifié les paries sur une nouvelle hausse des taux en septembre, et la discussion interne sur un resserrement supplémentaire de la politique devrait s'animer davantage.
La baisse de l'inflation dans la zone euro en juin a dépassé les attentes, et la chute persistante du prix du pétrole depuis le pic initial du conflit a offert aux décideurs une courte période d'observation. Cependant, la récente escalade du conflit au Moyen-Orient a entraîné une reprise des prix de l'énergie, un approvisionnement en engrais plus tendu dans la région et la vague de chaleur en Europe pourrait faire grimper les prix alimentaires, rendant les perspectives d'inflation à nouveau incertaines et compliquant davantage la trajectoire politique de la Banque Centrale Européenne pour les prochains mois.
Très probable statu quo en juillet, le signal de septembre pourrait être au centre de la réunion
Le marché s'attend à ce que la Banque Centrale Européenne maintienne les taux lors de la réunion de juillet.
En juin, la Banque Centrale Européenne a été la première à relever les taux face au risque d'inflation lié au conflit au Moyen-Orient, devenant ainsi la première des grandes banques centrales à agir. Par la suite, les prix de l'énergie ont chuté et l'urgence de la politique s'est atténuée, mais les prix du Brent sont récemment remontés à près de 85 dollars le baril, ravivant les inquiétudes du marché quant à la pressions inflationnistes.
Selon les médias, Jens Eisenschmidt, chef économiste Europe chez Morgan Stanley, déclare : "Il y aura certainement des questions lors de la réunion sur la nécessité d'une hausse des taux, et je suis assez sûr que plusieurs décideurs aborderont cette option." Il estime que même si les taux restent inchangés, le débat autour d'une éventuelle hausse pourrait constituer un signal important de la Banque Centrale Européenne sur l'orientation politique de septembre.
Actuellement, le marché monétaire intègre toujours une légère probabilité de hausse en juillet, reflétant une prudence persistante chez les investisseurs envers les perspectives de politique.

La majorité des économistes parient sur une hausse en septembre, le marché commence à anticiper une deuxième action cette année
Un sondage Reuters auprès de 74 économistes montre que la grande majorité prévoit une nouvelle hausse de taux en septembre par la Banque Centrale Européenne, accompagnée d'une mise à jour des prévisions économiques.
Selon Reuters, citant des sources, même lors de la récente baisse des prix du pétrole, il existait toujours des motifs soutenant une hausse des taux au sein de la Banque Centrale Européenne. Et maintenant, avec le rebond des prix de l'énergie, le marché commence même à parier sur une nouvelle hausse des taux après septembre avant la fin de l'année.
Cependant, les économistes restent nettement plus prudents. Sur les 74 interrogés, seulement 3 anticipent une deuxième hausse de taux cette année, montrant que le prix du marché devance clairement le consensus.
Ross Hutchison, responsable de la stratégie de marché de la zone euro chez Zurich Insurance Group, déclare : "Il est clairement ressorti de la plupart des récentes déclarations des responsables de la Banque Centrale Européenne qu'ils craignent plus de sous-estimer le risque d'inflation que de ralentir la croissance économique."
Mais certains organismes estiment que la Banque Centrale Européenne reste patiente et attend davantage de données. Bas van Gaffen, stratégiste macro senior chez Rabobank, explique qu'il n'y a pas de signe clair d'accélération de la croissance des salaires ou des effets indirects sur l'inflation, et que les décideurs "peuvent tout à fait attendre septembre pour juger l'impact réel du conflit au Moyen-Orient sur l'inflation."
Le taux de réserves obligatoires pourrait être relevé, la liquidité continue de se resserrer lentement
La Banque Centrale Européenne pourrait également ajuster davantage son cadre de liquidité.
Selon Reuters, la Banque Centrale Européenne envisage de doubler le taux de réserves obligatoires que les banques doivent déposer sur des comptes non rémunérés, afin de réduire les coûts liés au paiement d'intérêts sur les réserves excédentaires. Ce coût continue d'augmenter alors que le taux demeure élevé.
Le marché considère ce geste comme relevant davantage de la gestion de la liquidité que d'un nouvel instrument de resserrement. Société Générale estime que cela réduira la liquidité excédentaire du secteur bancaire de la zone euro de 160 à 170 milliards d'euros, alors que la Banque Centrale Européenne a déjà récupéré environ 500 milliards d'euros de liquidité annuellement dans le cadre du resserrement quantitatif. L'impact global restera donc limité, mais cela confirme la poursuite du resserrement de la liquidité.
L'euro numérique accélère, l'autonomie des paiements devient une priorité stratégique
Le projet d'euro numérique avance également à grande vitesse. Selon Reuters, la Banque Centrale Européenne a obtenu en juin le soutien crucial du Parlement européen, mettant fin à trois années de bras de fer avec le secteur bancaire. Ce dernier s'inquiétait de pertes de dépôt et de pression sur la rentabilité liées à l'euro numérique.
En parallèle, la politique tarifaire de l'administration Trump suscite des inquiétudes en Europe quant à une possible politisation accrue du système de paiement en dollars, renforçant la dimension stratégique de l'autonomie du système de paiement européen. Selon le calendrier actuel, l'Union européenne pourrait finaliser la législation sur l'euro numérique d'ici la fin de l'année, lancer un projet pilote en 2027 et le déployer officiellement en 2029.
Eisenschmidt de Morgan Stanley estime que l'euro numérique contribuera à réduire la dépendance de l'Europe envers les réseaux de paiement étrangers, mais le projet, principalement destiné aux paiements de détail, présente des limites pour atteindre cet objectif stratégique.
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