Les pays du Golfe accélèrent la mise en place d’alternatives au pétrole, la double fermeture du détroit d’Hormuz et du détroit de Bab-el-Mandeb obligeant à une transformation forcée.
Les pays du Golfe accélèrent la mise en place d’alternatives au pétrole, la double fermeture du détroit d’Hormuz et du détroit de Bab-el-Mandeb obligeant à une transformation forcée.
智通财经2026/09/15 01:01Afficher le texte d'origine
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- Le blocus persistant des deux principales voies maritimes, le détroit d’Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb, force actuellement les pays du Golfe à accélérer la recherche de routes alternatives pour l’exportation de leur pétrole. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie, le volume de pétrole et de dérivés transporté via le détroit d’Ormuz chutera brusquement, passant de 21 millions de barils par jour au quatrième trimestre 2025 à 5 millions de barils quotidiennement au deuxième trimestre 2026. Cette baisse incite les principaux pays exportateurs comme l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et l’Irak à diversifier leurs routes de transport.
- La principale route alternative de l’Arabie Saoudite a récemment subi deux revers majeurs : la prise du détroit de Bab el-Mandeb par les Houthis et une attaque de drones provenant d’Irak ayant entraîné la fermeture temporaire de l’oléoduc est-ouest. Cet oléoduc pouvait auparavant détourner des quantités considérables de pétrole hors d’Ormuz ; selon Saudi Aramco, la capacité de transport est passée, en quelques mois, de 2 millions à 7 millions de barils par jour en fonctionnement à plein régime. Or, la seule alternative actuelle pour les exportations saoudiennes passe par le canal de Suez et l’oléoduc SUMED, mais les navires à destination de l’Asie doivent contourner le Cap de Bonne-Espérance, augmentant significativement le temps de trajet et les coûts de transport.
- Les Émirats arabes unis ont accéléré le transport de pétrole par l’oléoduc ADCOP. Long de 400 km, cet oléoduc relie l’usine de traitement de Habshan sur la côte du Golfe Persique à la ville de Foujairah, de l’autre côté du détroit d’Ormuz. Sa capacité de transport est passée de 1,1 million de barils par jour avant le blocus à sa limite maximum de 1,8 million de barils actuellement. En mai, le gouvernement des Émirats arabes unis a annoncé la construction d’un nouvel oléoduc dont l’achèvement est prévu pour 2027 ; le volume de transport devrait alors doubler.
- L’Irak est l’un des pays les plus durement touchés par le blocus du détroit d’Ormuz, avec des exportations quotidiennes atteignant 3,3 millions de barils avant le conflit. Avec l’aide des États-Unis, la Maison Blanche a annoncé en juillet son appui à la participation de Chevron dans un vaste projet visant à acheminer jusqu’à 2 millions de barils de pétrole brut par jour de Bassorah au port syrien de Baniyas. Parallèlement, Bagdad et la Turquie sont convenus de relancer l’oléoduc reliant les champs pétroliers de Kirkuk au port de Ceyhan.
- Des experts du marché de l’énergie soulignent qu’« il n’existe pas de route maritime de remplacement totalement sûre », comme l’illustrent clairement les attaques des Houthis contre les navires commerciaux en mer Rouge. Pourtant, ils estiment que la diversification des routes demeure essentielle et rappellent que les pays du Golfe sont conscients de cette vulnérabilité depuis des décennies et investissent continuellement pour réduire les risques. Selon eux, même un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran ne rendrait pas ces projets à long terme obsolètes, mais renforcerait au contraire les raisons politiques de poursuivre dans cette voie.
- Le spécialiste des questions moyen-orientales, Massab Aloush, met en garde : l’Iran et ses alliés irakiens pourraient « gêner » les nouvelles routes de l’Irak tout comme ils ont entravé les projets d’oléoducs saoudiens. Il précise que certains membres des Forces de mobilisation populaire en Irak nourrissent toujours une forte hostilité envers le nouveau gouvernement syrien, abordant la relation avec Damas sous un angle confessionnel. L’Irak et la Syrie espèrent toutes deux que les intérêts de Washington contribueront à garantir la sécurité de leurs infrastructures et à asseoir davantage la nécessité impérieuse de disposer de routes alternatives.
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