Enquête d’UBS : au cours de la semaine dernière, le débit quotidien du détroit d’Ormuz a dépassé 6 millions de barils
La tension entre les États-Unis et l'Iran se poursuit, mais l'attention du marché se détourne progressivement du risque militaire vers les sanctions économiques et leur impact sur l'approvisionnement mondial en pétrole brut.
Selon l'agence de presse Xinhua, la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a déclaré le 20 que l'administration Trump allait renforcer la pression sur l'économie iranienne et menaçait l'Iran de mesures d’« isolement économique sans précédent ». Elle a affirmé que le plan de l'administration Trump pour frapper lourdement l'économie iranienne pourrait permettre d'éviter le recours à une opération militaire d'envergure contre l'Iran. Avec le possible renforcement des sanctions, l’impact sur les exportations de pétrole brut iranien devient une nouvelle variable surveillée par le marché.
Parallèlement, le flux de pétroliers visibles dans le détroit d'Ormuz est toujours nettement inférieur au niveau d'avant le conflit, mais le transport « underground » comble en partie le déficit. Selon des études d’UBS, la semaine dernière, le flux total de pétrole à travers le détroit d'Ormuz dépassait légèrement 6 millions de barils/jour, dont le transport clandestin est passé à environ 5 à 6 millions de barils/jour, indiquant que l’impact réel sur le transit de pétrole brut pourrait être moindre que ce que laissent suggérer les statistiques officielles du transport maritime.
Il convient également de noter qu'alors que l’offre de l'Iran demeure limitée, le volume de chargements de pétrole brut des autres pays exportateurs du Golfe se redresse rapidement. Le marché n’est pas confronté à une simple chute du total des approvisionnements, mais à une recomposition des schémas d’approvisionnement régionaux en pétrole brut.
Le flux de pétroliers visibles reste faible
D’après les données Evidence Lab d’UBS, le nombre moyen de passages quotidiens de navires transportant du pétrole et du gaz dans le détroit d’Ormuz a atteint 4,0 lors des deux derniers jours, en hausse par rapport à la moyenne d'août de 3,7, mais nettement inférieur à la moyenne de juillet de 6,4. En termes de tonnes de port en lourd, les exportations du Golfe ont totalisé environ 1,5 million de barils équivalent pétrole/jour ces deux derniers jours, en dessous de la moyenne d’août de 1,9 million et loin de la moyenne de juillet de 3,6 millions de barils/jour.
Cependant, les données sur les stocks et les chargements indiquent qu'au cours de la semaine dernière, le volume du transport clandestin s’est élevé à 5 à 6 millions de barils/jour, compensant en partie la baisse du transport visible, maintenant ainsi un transit total dans le détroit d’Ormuz légèrement supérieur à 6 millions de barils/jour. Le trafic maritime au détroit de Bab-el-Mandeb demeure également inférieur à la normale, mais les flux à destination et en provenance de la mer Rouge ont récemment enregistré une reprise.
Au même moment, les exportations de pétrole brut des autres pays producteurs du Golfe s'améliorent nettement. Lors des deux derniers jours, la moyenne des chargements de pétrole brut des pays du Golfe hors Iran est montée à 10,2 millions de barils/jour, très au-dessus des 3,6 millions de barils/jour des deux jours précédents, et également supérieure à la moyenne de juillet de 4,5 millions de barils/jour ; la moyenne sur 7 jours depuis août a dépassé 6 millions de barils/jour, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis le début du conflit.
En contraste frappant, le volume de chargements de pétrole brut iranien reste à un niveau extrêmement bas. Sur la même période, l’Iran a enregistré zéro chargement, avec une moyenne d’août d’à peine 200 000 barils/jour, en baisse par rapport à juillet (900 000 barils/jour) et nettement en dessous du niveau habituel de 1,7 à 1,8 million de barils/jour.
Cela indique que l’approvisionnement du Golfe se restructure nettement : les exportations iraniennes restent limitées tandis que les autres pays producteurs parviennent, dans une certaine mesure, à compenser le déficit en augmentant leurs chargements.
L’approvisionnement énergétique reste perturbé
Dans le même temps, les diverses perturbations antérieures subies par les infrastructures énergétiques de la région demeurent un élément clé dans l’évaluation des risques d'approvisionnement. Certaines installations énergétiques et capacités de raffinage du Golfe avaient été touchées par des attaques ; bien que la production se soit partiellement rétablie, ces perturbations continuent d’entraver le transport de pétrole brut et de produits raffinés dans le Golfe, le maintenant en deçà des niveaux habituels.
Ainsi, l’attention du marché se concentre désormais sur la capacité de reprise de l’offre : d’une part, la question de savoir si la nouvelle vague de sanctions américaines peut encore réduire les exportations de pétrole brut iranien ; de l’autre, dans quelle mesure les autres producteurs du Golfe pourront augmenter leur offre afin de combler le vide laissé par l’Iran.
Si les exportations iraniennes reculent davantage et que la montée en puissance des capacités de remplacement est insuffisante, les tensions sur le marché du pétrole brut pourraient s’intensifier encore, faisant des évolutions du transport dans le détroit d’Ormuz un indicateur essentiel pour l’évolution du prix du pétrole.

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