Les États-Unis et le Japon interviennent conjointement pour soutenir le yen sans l’aval du G7, le recul du multilatéralisme pourrait accroître l’instabilité des taux de change.
⑴ L'intervention conjointe des États-Unis et du Japon sur le yen la semaine dernière n'a pas bénéficié du soutien des autres membres du G7. Cette absence est tout aussi intrigante que l'opération elle-même : la dissuasion mondiale coordonnée espérée a été remplacée par un arrangement bilateral, affaiblissant l'effet de l'intervention et réduisant davantage les attentes du marché quant à un « grand compromis » sur les taux de change. ⑵ La secrétaire américaine au Trésor, Yellen, ainsi que le ministre japonais des Finances, Shunichi Suzuki, ont expliqué publiquement la logique et les considérations de cette action. Après un premier rebond, le yen a conservé une partie de ses gains, mais le marché reste incertain sur la possibilité de nouvelles hausses de taux de la Banque du Japon, ainsi que sur les raisons pour lesquelles Washington s'inquiète autant de l'impact potentiel d'interventions massives sur le marché des bons du Trésor américains. ⑶ En tant que principal détenteur étranger de la dette américaine, le Japon, s'il procédait à d'importantes ventes de dollars, pourrait être amené à réduire sa détention d'obligations américaines. Yellen a peut-être estimé que la Fed pourrait limiter ce risque en fournissant des dollars au Japon via des opérations de repo, tandis que la vente pourrait être effectuée en euros plutôt qu'en dollars. ⑷ Cependant, si l'objectif n'est que de calmer la faiblesse excessive et la spéculation autour du yen à son plus bas niveau depuis quarante ans — un objectif qui devrait faire consensus parmi les membres du G7 —, pourquoi une action collective plus large n'a-t-elle pas vu le jour ? Ce manque reflète une évolution de l'attitude des États-Unis et du Japon vis-à-vis de la coopération multilatérale, même si ce positionnement est cohérent avec la ligne de l'administration Trump de retrait des alliances commerciales et militaires mondiales. ⑸ Depuis la naissance de l'euro en 1999, les grandes économies occidentales ont quasi systématiquement débuté la stabilisation des taux de change par des interventions coordonnées du G7. Qu'il s'agisse du début réussi de l'euro grâce aux achats conjoints des banques centrales européennes sous l'impulsion du G7, ou de l'action commune de 2011 pour enrayer la hausse rapide du yen, la coopération multilatérale a toujours été considérée comme le modèle standard pour stabiliser les devises. ⑹ La Banque centrale européenne n'a pas participé à cette intervention — et, selon les rapports, la communication y afférente aurait eu lieu a posteriori plutôt qu'en amont. Le Fonds monétaire international n'a pas non plus fait de déclaration à ce sujet. Cette année, le communiqué du sommet du G7 sur la coordination des changes s'est limité à des principes déjà répétés depuis 2017. Le marché pourrait ainsi réévaluer la crédibilité et la force de dissuasion du cadre multilatéral lors des futures interventions sur les taux de change.
Avertissement : le contenu de cet article reflète uniquement le point de vue de l'auteur et ne représente en aucun cas la plateforme. Cet article n'est pas destiné à servir de référence pour prendre des décisions d'investissement.
PoolX : Bloquez vos actifs pour gagner de nouveaux tokens
Jusqu'à 12% d'APR. Gagnez plus d'airdrops en bloquant davantage.
Bloquez maintenant !