Ligne de front en mer Rouge renforcée : les Houthis attaquent deux fois en une journée des installations pétrolières dans un port saoudien de la mer Rouge, l’aviation saoudienne riposte
Cette vague de frappes aériennes est la première reconnue publiquement par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite depuis l’accord de cessez-le-feu conclu il y a quatre ans, marquant une rupture du statu quo tacite précédent. Le risque principal de cette escalade concerne Yanbu : depuis la fermeture du détroit d’Hormuz, Yanbu est devenu l’unique voie alternative pour les exportations de pétrole brut saoudien ; toute atteinte à cette infrastructure porterait un coup sévère au marché énergétique mondial.
Le conflit entre les Houthis au Yémen et l’Arabie saoudite s’est intensifié le 25 juillet, avec une série complète de frappes échangées entre les deux parties le même jour. La situation évolue vers une reprise de la guerre civile yéménite qui dure depuis dix ans.
Selon Actualités CCTV du 25 juillet, les Houthis ont publié une déclaration annonçant avoir mené deux séries de frappes contre deux installations de la compagnie Saudi Aramco sur la côte de la mer Rouge — la première série visait Jizan, la seconde Yanbu — utilisant des missiles balistiques, des missiles de croisière et des drones, affirmant avoir "atteint directement et précisément leurs cibles". Selon l’Agence de presse Xinhua, l’Arabie saoudite a immédiatement riposté par des frappes aériennes, frappant plusieurs positions houthis dans les provinces de Marib et Jawf au Yémen, causant la mort de plusieurs membres armés, dont des techniciens en missiles.
Les analystes estiment que le risque essentiel de cette escalade réside dans l’importance stratégique de Yanbu. Après le blocus du détroit d’Ormuz provoqué par la confrontation entre l’Iran, les États-Unis et Israël, la mer Rouge est devenue la ligne de vie des exportations saoudiennes. L’Arabie saoudite a été forcée de transférer ses exportations de pétrole vers Yanbu, dépendant fortement d’un oléoduc orienté est-ouest. Si Yanbu subit des dommages matériels, cela affectera directement la capacité d’exportation de pétrole saoudienne et posera une menace majeure au marché global de l’énergie.

Double frappe des Houthis : Jizan et Yanbu attaqués le même jour
Selon Actualités CCTV, les Houthis ont qualifié cette opération de représailles contre les frappes aériennes saoudiennes précédentes sur la ville de Hodeidah, le port de Hodeidah et l’île Kamaran.
La première série d’attaques a impliqué "des dizaines" de missiles balistiques et de drones, ciblant les "cibles sensibles" de Saudi Aramco à Jizan, où se trouve une grande raffinerie. La deuxième série a combiné missiles balistiques, missiles de croisière et drones, frappant les "cibles sensibles" de Saudi Aramco à Yanbu, terminal majeur pour les exportations de pétrole.
Le porte-parole des Houthis, Yahya Sare’e, a averti dans la déclaration qu’ils "n’hésiteraient pas à étendre leur action et à intensifier les mesures selon les évolutions des prochaines heures et jours", et a annoncé que le blocus maritime contre l’Arabie saoudite perdurerait.
Selon les médias, des responsables de la sécurité grecque ont indiqué que le système de défense aérienne saoudien a intercepté deux missiles balistiques lancés depuis le Yémen vers Yanbu, et qu’un drone lancé du Yémen a été abattu par un système de missiles Patriot américain opéré par la Grèce. Depuis 2021, la Grèce a déployé ce système en Arabie saoudite suite à un accord bilatéral, pour protéger les infrastructures énergétiques essentielles du royaume.
Riposte aérienne saoudienne : Plusieurs positions à Marib et Jawf frappées
D’après l’Agence de presse Xinhua, la télévision nationale yéménite rapporte que la coalition menée par l’Arabie saoudite a lancé des frappes aériennes sur plusieurs cibles militaires contrôlées par les Houthis dans le nord du pays, notamment sur les "plateformes de lancement de missiles, positions de tir de roquettes et dépôts d’armes" à Marib et Jawf.
Un officier militaire local, qui a requis l’anonymat, a confirmé ces frappes à Xinhua, et les habitants ont indiqué entendre des explosions continues dans les zones visées. Le rapport mentionne que "plusieurs membres armés houthis, dont des techniciens en missiles, ont été tués", mais il n’y a pour l’instant aucune évaluation indépendante des pertes.
Le porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, le général de division Turki al-Maliki, a déclaré que les frappes visaient des "objectifs militaires légitimes utilisés par les miliciens terroristes houthis pour menacer les navires commerciaux en mer Rouge" et a souligné que l’opération était "déterminée, ferme et proportionnée". Il a également précisé que le port de Hodeidah contrôlé par les Houthis n’était pas ciblé, et que tous les ports yéménites restaient ouverts au trafic commercial.
Il est notable que les analystes estiment que cette série de frappes aériennes est la première fois depuis la trêve obtenue il y a quatre ans que la coalition saoudienne admet officiellement avoir mené des opérations, dépassant les frontières tacites établies jusque-là.
L’Arabie saoudite est intervenue dans la guerre civile au Yémen en 2015, menant la coalition arabe contre les Houthis. Les différentes parties étaient parvenues à une trêve en avril 2022, mais après l’attaque du Hamas contre Israël en 2023 et les attaques houthis contre la navigation en mer Rouge, les efforts diplomatiques pour une paix durable ont été interrompus.
L’importance stratégique de Yanbu : le goulot d’étranglement énergétique sous le blocus d’Ormuz
La sensibilité centrale de ce conflit réside dans le rôle particulier de Yanbu dans le contexte géopolitique actuel.
Durant le blocus du détroit d’Ormuz dans le conflit entre l’Iran, les États-Unis et Israël, la mer Rouge est devenue un axe vital pour les exportations et le commerce saoudiens. L’Arabie saoudite a été contrainte de transférer ses exportations pétrolières vers Yanbu, rendant le transport du pétrole fortement dépendant d’un oléoduc orienté est-ouest.
Cela signifie que Yanbu n’est plus un simple port d’exportation, mais constitue la seule alternative saoudienne pour le maintien des exportations de pétrole lorsque le passage par Ormuz est bloqué.
Si Yanbu subit des destructions majeures, l’Arabie saoudite se retrouvera presque entièrement privée de ses canaux d’exportation de pétrole, avec une répercussion directe sur le marché mondial de l’énergie.
Ce conflit n’est pas un incident isolé, mais le point culminant d’une série d’évolutions tendues récentes.
Plus tôt cette semaine, Actualités CCTV a rapporté que les Houthis ont annoncé un blocus maritime contre l’Arabie saoudite et attaqué deux pétroliers saoudiens sur la mer Rouge. L’agence de presse nationale saoudienne a rapporté qu’un navire saoudien nommé NCC MASA a été attaqué le 25 juillet en mer Rouge, avec des dommages mineurs à la coque ; l’équipage est sain et sauf et le navire a poursuivi sa route après inspection.
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